Position Illégitime d’Israël

551 mots
2–3 minutes

Je réponds par la présente aux propos de M. Joseph ALPERN,

parus dans le Courrier du 18 août 2000 (Le nœud du problème : Jérusalem).

L’échec des négociations du dernier sommet de Camp David a révélé avec évidence la position intransigeante et illégitime &endash; sur le plan du droit international- de l’Etat sioniste.

1) Cet Etat refuse d’appliquer la résolution 194 des Nations Unies, qui stipule que tout réfugié a le droit de revenir sur ses terres. La politique sioniste est actuellement responsable de l’exil de près de 3 millions de Palestiniens, pour lesquels Israël n’envisage aucun retour.

2) Les dirigeants israéliens n’ont jamais respecté les résolutions de l’ONU concernant la partition de la Palestine. Aujourd’hui encore, ils refusent de se soumettre aux décisions du Conseil de sécurité, qui impliquent le retrait complet de Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est. Depuis 1947 jusqu’à nos jours, Israël a appliqué un programme d’expansion, mettant systématiquement la communauté internationale devant la politique du fait accompli, et justifiant ses nombreuses violations des droits de l’homme par la nécessité d’assurer sa survie.

3) Comment M. Alpern peut-il s’étonner que  » l’éducation à la haine dans les écoles palestiniennes existe toujours  » ? Après tant de crimes et d’injustices, comment pourrait-il en être autrement ? Mais on cultive d’une toute autre façon le fanatisme dans les écoles israéliennes. C’est ainsi que le psychologue G. Tamarin, de l’Université de Tel-Aviv a fait passer le test suivant à plus de 1000 élèves des écoles israéliennes, où le livre de Josué figure au programme :  » Supposons que l’armée israélienne occupe un village arabe pendant la guerre, devrait-elle, oui ou non, faire subir à ses habitants le sort que Josué a réservé aux habitants de Jéricho ( c’est-à-dire les massacrer)?  » Les réponses  » Oui  » variaient entre 66% et 95% selon les écoles, le Kibboutz ou la ville. ( Liban Palestine, Ouvrage collectif émanant du  » Centre protestant de l’ouest  » Ed. L’Harmattan. Paris 1977).

4) Enfin, et contrairement à ce qu’affirme M.Joseph Alpern, la cité sainte est évoquée dans le Coran en 17,1 , où est rappelé le miracle du voyage et de l’ascension nocturne du Prophète à Jérusalem :  » Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur ( Muhammad), de la Mosquée Al-Harâm (à la Mecque) à la Mosquée Al-Aqsâ (à Jérusalem) dont nous avons béni l’alentour…  » La Mosquée de Jérusalem constitue l’un des trois lieux saints de l’Islam, avec les territoires sacrés de la Mecque et de Médine, où il est recommandé de se rendre pour en recevoir la bénédiction, selon une parole authentique du Prophète. A moins de juger que seuls les juifs ont le droit divin de dominer et de gérer Jérusalem, et qu’ils bénéficient, en tant que peuple élu, de privilèges que la communauté internationale ne saurait remettre en cause, M. Alpern doit reconnaître que Jérusalem est une ville sainte autant pour les musulmans et les chrétiens que pour les juifs.

A l’heure actuelle, l’intransigeance des Israéliens sur le partage de Jérusalem montre bien quel est le fond du problème : derrière sa façade d’Etat moderne démocratique, l’essence et la motivation même de l’entité sioniste sont non seulement d’ordre religieux, mais encore sont déterminées par l’excellence supposée d’une appartenance raciale.

Or, l’impératif qui fait de Jérusalem la capitale une, indivisible et  » éternelle  » de l’Etat hébreu, anéantit aujourd’hui toute possibilité de paix réelle et durable. Aujourd’hui, et peut-être…  » éternellement « .

Hani Ramadan

Directeur du Centre Islamique

Le Courrier du 4 septembre 2000