Punir une personne pour sa croyance est une injustice

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Après que tout un chacun s’est donné le droit de commenter l’article écrit par Hani Ramadan (mon mari) dans le journal Le Monde, souvent avec incompréhension, j’estime de mon devoir d’attirer votre attention sur les faits suivants :

  1. Ce n’est pas mon mari qui a inventé la lapidation comme châtiment en cas d’adultère. Il n’a essayé ni de la défendre, ni de la justifier. Il l’a tout simplement citée comme faisant effectivement partie des lois islamiques en lesquelles tout musulman croit. Cessez,donc, d’essayer à tous prix de montrer mon mari comme un cas isolé, un extrémiste dangereux avec qui tous les musulmans dits « modérés » prennent leur distance, parce que c’est tout simplement faux. Cessez également d’essayer de faire passer des versets coraniques ou des idées propres à l’Islam pour des « propos inadmissibles » que tient mon mari. Or, punir une seule personne parce qu’elle croit en des lois en lesquelles toute une communauté croit me paraît terriblement injuste.
  2. Ce châtiment, comme Hani Ramadan l’avait clairement précisé, a essentiellement un effet dissuasif. Dieu a mis des conditions sévères qui rendent son application quasi-impossible.
  3. Ce châtiment a bel et bien existé dans la Bible (la loi de Moïse) avant d’exister en Islam. Donc, accuser mon mari, c’est accuser l’Islam et la Bible en même temps.
  4. Mon mari n’a jamais voulu ni demandé l’application de la loi islamique en Suisse comme l’ont prétendu certains ! Il a toujours respecté la loi de l’Etat tout en croyant en les lois de sa propre religion, comme d’ailleurs chaque musulman.
  5. La lapidation ne concerne pas que les femmes, comme ont voulu le croire certains. C’est un châtiment qui concerne aussi bien l’homme que la femme (adultères).
  6. Hani Ramadan n’a jamais dit ni cru que la femme était « par essence inférieure à l’homme ». Parce qu’il ne dit que ce que Dieu et le Prophète Mohammad ont dit. Et ils n’ont jamais dit une chose pareille. C’est donc dans l’imagination de certaines lectrices que cette citation absurde est née.

Enfin, je vous demande uniquement de publier ma lettre sans aucun commentaire de votre part. Et ne lui donnez pas un titre du genre : « L’épouse de Hani Ramadan soutient son mari, en justifiant, à son tour, la lapidation pour la femme » !

Zeinab Ramadan

Ex-enseignante de langue et littérature anglaises à l’Université d’Al-Azhar

Tribune de Genève, la lettre du jour, 18 novembre 2002