Eviter les amalgames, oui mais…

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J’applaudis au fait que M. Ramadan soutienne une nouvelle fois l’invitation de l’Office fédéral de la police aux représentants du monde musulman en Suisse. Cela montre qu’une volonté de dialogue existe et que M. Blocher et l’Office ne sont pas les vilains xénophobes que d’aucuns veulent décrire, puisqu’ils recherchent véritablement le dialogue avec les diverses communautés présentes dans notre pays.

Je suis pratiquement d’accord avec M. Ramadan: «Les musulmans sont des citoyens comme les autres, qui aspirent à la paix sociale» (le plus élémentaire des comportements lorsque l’on vit dans un pays qui a su mettre en place une démocratie des plus performantes et une paix sociale enviée par beaucoup d’autres nations).

Permettez-moi de donner quelques explications sur les craintes qu’une partie du peuple est en droit d’avoir, liées à certains événements ici ou là sur notre planète: on ne peut pas aborder l’intégration d’une communauté sans tenir compte de ce qui se passe à l’étranger dans ce domaine délicat.

Vous voulez, M. Ramadan, éviter tout amalgame entre sécurité et islam, vous avez raison de dire que cette association est une discrimination. Mais comment voulez-vous qu’elle ne se fasse pas lorsque dans d’autres pays, des menaces sont émises et des actes violents commis par des représentants du monde islamique à l’encontre de communautés chrétiennes? Je sais que la religion musulmane est une religion pacifiste, j’ai lu des témoignages de musulmans qui l’affirment et je les crois. Ils se détachent totalement de certains milieux islamistes radicaux qui veulent imposer à tout prix leur croyance et leur culture. Comment, pour un peuple d’obédience chrétienne, qui ne connaît pas tous les détails des diverses communautés, distinguer les uns des autres?

Si, par exemple, le dessinateur de 24 heures publiait une caricature de Mahomet, dans notre pays où la liberté d’expression est permise et où il est autorisé de publier des caricatures de Dieu ou du Christ, et que ce fait ait pour conséquence des menaces à son égard ou envers la communauté chrétienne, comment voulez-vous que les Suisses ne le ressentent pas comme une volonté de suppression de leur liberté d’expression?

Lorsque l’on entend des représentants du monde musulman dire qu’il faut interdire aux filles et aux garçons des écoles de faire des cours de natation ensemble, comment ne pas avoir l’impression de se retrouver plus d’un siècle en arrière? Nous ne voulons juger en rien les pratiques musulmanes, mais nous demandons de ne pas juger nos pratiques, qui n’ont rien de dégradant et font partie de l’évolution normale d’une civilisation.

Voilà une des faces du problème, et le pourquoi de certains amalgames malheureux. La communauté musulmane de Suisse a tout intérêt à poursuivre le dialogue avec nos autorités pour trouver des solutions, comme elle doit aussi faire entendre d’une voix forte qu’elle se désolidarise de ceux qui veulent imposer leur courant de pensée en contradiction avec nos libertés constitutionnelles. Car maintenir et garantir la paix est ce que je souhaite le plus pour l’ensemble des habitants de ce pays.