Les agressions programmées par Israël contre la bande de Gaza et contre le Liban permettent aujourd’hui de relever un certain nombre de points qu’il est utile de souligner :
- Israël n’a pas saisi l’occasion historique que lui proposait le gouvernement palestinien : la reconnaissance des frontières de 1967 et la perspective d’une paix durable. En s’engageant dans cette voie, il aurait été possible d’amener les partis à une reconnaissance mutuelle sur la base d’une partition bien définie.
- Les agresseurs, dans ce dernier conflit, sont les Israéliens. Cela a toujours été ainsi depuis le début de l’aventure sioniste. Cette logique a fonctionné et elle fonctionne encore. L’ONU, soumise au veto américain, ne dispose d’aucune marge de manœuvre efficace. La diplomatie européenne au Proche-Orient demande hypocritement au Liban, par la bouche de Javier Solana, de tout faire pour « mettre un terme à la violence ». Les 25 réitéreront leur appel à la fin de l’escalade militaire, sans exercer la moindre pression pour arrêter les crimes perpétrés contre les populations civiles et la destruction volontaire de l’infrastructure d’un pays dit « ami ». Quant aux représentants du G8, ils déclarent qu’Israël « a le droit de se défendre », en appelant toutefois poliment l’Etat belliqueux à la retenue !
- Plus désolante encore est la réaction du monde arabe qui observe lâchement cette ingérence sans réagir et sans porter secours à ceux qui sont bombardés. L’armée sioniste peut ainsi poursuivre son élan en toute impunité : les pays démocratiques libres étaient occupés hier par la coupe du monde, aujourd’hui par les vacances d’été et les plages dorées.
Seuls résistent et résisteront ceux qui sont animés par une foi et une conviction plus fortes que le fer et le feu. En montrant une telle arrogance, en agissant au mépris des vies humaines, l’Etat sioniste dévoile une fois de plus à l’univers quel est son vrai visage. Dignes enfants du général Sharon, il ne vous en coûte rien de détruire des maisons, de décimer des familles entières, de mutiler des enfants alors même qu’une proposition vous avait été faite de mettre fin à tant de souffrance. L’histoire vous montrera qu’il faudra tôt ou tard payer la facture de vos agissements.
Hani RAMADAN
Directeur du Centre Islamique de Genève
Juillet 2006

